La technologie de réseau s’introduit également dans le monde des robotsImprimer cette page

De meilleurs outils logiciels, des PC et systèmes standard de surveillance des paramètres relèvent le niveau dans le domaine du soudage robotisé. Aujourd’hui, la programmation des robots soudeurs est plus facile. Mais l’assistance que nous offrons à nos clients reste une priorité déclare Remco Valk, de Valk Welding.

René Raaijmakers

Il y a environ vingt ans, quiconque achetait un robot passait pour un aventurier. On s’est fait des illusions explique  Remco Valk, du coup, les clients étaient frustrés. Au début des années 80, notre savoir-faire et notre expérience n’en étaient qu’à leurs balbutiements. On pensait que les robots résoudraient tous les problèmes. On ambitionnait même de fabriquer les structures les plus complexes à l’aide de robots soudeurs. Tout le monde pensait que si le robot était capable de le faire, le problème serait résolu. Nos commerciaux ont eu du mal à faire comprendre aux clients qu’ils devaient commencer par s’habituer au robot en lui attribuant des tâches simples. Pour moi, c’est comme l’apprentissage de la conduite. On ne commence pas par une formule 1.

Entre temps, le monde du soudage parle d’une « seconde vague robotique. Les robots soudeurs sont plus rapides, plus compacts, plus précis et moins défectueux. Les technologies de communication relatives aux robots soudeurs ont également évolué. Il existe un grand nombre de logiciels qui commandent et optimisent le soudage. On a ainsi mis au point un extraordinaire robot Ikéa vendu en kit, avec mode d’emploi pour le monter soi-même. Le prix de ce robot prêt-à-souder ne prend plus en compte le temps nécessaire à son installation: déballage, montage, démontage et remontage chez le client. Tout ceci ne serait pas possible si nous n’avions pas une solide réputation. De toute façon, les entreprises qui acquièrent ce genre de robot ont une grande expérience. La plupart du temps, elles possèdent déjà plusieurs de nos robots.

La fonctionnalité augmente dans tous les domaines: les robots sont désormais équipés d’un système de surveillance des paramètres de soudage. Valk explique: Nous pouvons surveiller l’intensité et la vitesse de soudage et prendre des mesures à haute fréquence, ce qui nous permet d’ajuster ou d’arrêter le robot à tout moment. Aux États-Unis, il existe des systèmes qui mesurent l’intensité et la pression du gaz tous les dixièmes de seconde. Auparavant, il fallait des tonnes de papier pour enregistrer toutes ces informations. Aujourd’hui, on peut graver deux mois de données de soudage sur un seul CD-rom.

Logiciel
L’avenir des robots et ce qui deviendra leur valeur ajoutée, c’est le logiciel, explique Valk, avec pilotage, et tous les extras et options qui vont avec. Nous collaborons avec Panasonic pour développer un système d’information de gestion qui nous fournira un résumé graphique simple: quels sont les produits en cours de soudage? Quelle est la durée de l’arc? Que doit faire l’opérateur? Quel est le cycle de servie?

La programmation hors-ligne des robots n’est plus difficile grâce à l’amélioration des panneaux de commande. L’opérateur crée une tâche de soudage sur son ordinateur, puis l’envoie, sans connexion supplémentaire à l’ordinateur. En 1996, Valk Welding a fourni le premier progiciel opérationnel des Pays-Bas. Il y a quatre ans, j’ai moi-même ramené ce programme du Japon. D’après mon expérience de quinze ans, il ne me semblait pas convenir à nos clients car il était plutôt conçu pour de plus grandes entreprises. Nous avons donc chargé l’un de nos collaborateurs de mettre au point, dans les deux ans, un programme accessible à tous. Aujourd’hui, il ne faut que trois ou quatre jours à la plupart des soudeurs manuels pour l’apprivoiser. Certes, il est facile à utiliser, mais c’est surtout l’étalonnage mécanique qui fait sa grande valeur. Vous tirez par exemple un trait entre A à B de 1 036 mm, sur votre ordinateur, et le robot soude exactement 1 036 mm. C’est pratiquement tout ce qu’il y a à faire.

Des marques à succès
Valk espère que le développement des logiciels va se poursuivre. Dans chaque domaine d’application émerge un certain nombre de spécialités. Chez nous, c’est le soudage à l’arc. Valk Welding apporte la valeur ajoutée de son savoir-faire en matière de programmation à distance des robots. Les principales raisons de ce succès sont l’intégration dans le processus de production et les démonstrations faites au destinataire final, comme le montrent les chiffres. Valk Welding a du succès au Benelux, mais Panasonic n’a pas une grande part de marché dans le reste de l’Europe. Certains distributeurs du Benelux qui proposent de très grandes marques allemandes ou françaises n’ont pas de succès aux Pays-Bas.

Valk Welding jouit d’une bonne réputation dans le domaine du développement de logiciels. Les logiciels, c’est l’expertise estime le directeur de la société. Son développeur s’est régulièrement rendu chez Panasonic aux États-Unis afin de former leur personnel au développement de nouvelles applications. Pour les développements à venir, vous devez rester concentrés. Cela implique une assistance de plus en plus importante pour ceux qui en ont besoin. Peu nombreux sont ceux qui ont besoin de toutes les fonctions d’un traitement de texte ou d’un tableur. Nous aidons nos clients en fonction des options du logiciel dont ils ont besoin. Si la fonction désirée manque, nous la développons.

Le service et l’assistance aux clients restent très importants dans le monde du soudage. Ils sont d’une importance capitale pour Valk. Son assistance téléphonique fonctionne de 7 heures à 22 heures et la moitié des appels proviennent de l’étranger. Pour le moment, nous ne tarifions pas le recours à ce service. En faisant cela, nous créons une survaleur, et les clients peuvent bénéficier d’un contrat de maintenance. Si nous estimons que nos clients ont besoin d’une mise à jour logicielle, nous la leur fournissons gratuitement.

Parfois, nous livrons des robots chez des clients dont on n’entend plus jamais parler par la suite. D’autres demandent des solutions clés en main. Nous créons le logiciel et effectuons la plupart du temps un tour d’essai. Selon la complexité et la taille du programme, les sociétés peuvent prendre la relève. L’un de nos clients soude à grande vitesse des sièges pour Volkswagen. Il s’agit d’un produit avec trois petites soudures pour lequel le personnel n’a pas à apprendre la programmation. Koni voulait une ligne capable de produire un pare-chocs en 30 secondes, soudé, monté et assemblé de manière entièrement automatique. Nous avons donc conçu une cellule. D’autres clients doivent changer de programme jusqu’à trois fois par jour. Ce sont des sociétés à programmation intensive, où les opérateurs utilisent un progiciel de programmation hors-ligne sur un PC pour préparer le programme complet alors que le robot est encore en pleine production.
Aujourd’hui, Valk Welding répond aussi au souhait de ses clients de prendre un robot en location, afin d’augmenter momentanément leur rendement. Valk prévoit également que d’ici cinq ans, les PC standard remplaceront les commandes robotisées. La technologie de réseau pénètre le monde des robots soudeurs. À l’avenir, les services seront fournis via Internet. On aura donc un ou deux PC pour toute une série de robots. Les commandes des bras robotisés se font grâce à des fonctions mathématiques, soit depuis un PC, soit depuis une grosse armoire de commandes avec des transformateurs, des servos et d’autres composants.  Reste à savoir quel constructeur de robot fera le premier pas. Parce que si on arrive à effectuer le soudage et les contrôles à partir d’un PC, le fabricant devient alors ni plus ni moins qu’un fournisseur de bras mécaniques.

(Source: Metaal & Kunststof N°. 3 - 21-02-2000)